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TYPOGRAPHIE : Les polices de caractères
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| -CLASSIFICATION DES FAMILLES DE POLICES |
Je ne vais pas entrer dans les détails historiques; le but de ce cahier est de vous présenter des «visuels». Les sites parlant d'histoire et de classification des polices sont légions (voir les liens proposés en fin de page). Une partie du texte resumé ci-dessous est tiré du site histoire.typographie.org.
Un peu d'histoire
Au début de l’imprimerie, les premiers typographes s’appliquèrent à ne pas bouleverser les habitudes de leur clientèle naturelle: celle des manuscrits. Ils s’efforcèrent d’imiter le plus fidèlement possible le travail des calligraphes. Ils utilisèrent donc la lettre gothique, dans sa version Textura.
Gutenberg pour sa «Bible à 42 lignes» fondit ainsi 202 caractères différents : dix lettres ‘a’ plus ou moins larges afin d’optimiser la mise en page, de nombreuses abréviations latines dont les copistes abusaient pour faciliter leur travail, des ligatures et des lettres de liaison (groupement plus compact de lettres).
Les premiers vrais caractères romains nacquirent à Venise. Dès ~1465, la création et la production de caractères devient "prolifique" et le livre typographié un produit "standardisé"; surtout en Italie, en France et en Allemagne. Quelques «grands noms» de créateurs ou graveurs de polices de l'époque: Jean et Wendelin de Spire, Nicolas Jenson, Alde Manuce, Francesco Griffo et Claude Garamond.
Pour faire mieux connaissance avec l'histoire des créateurs des polices de caractères de la Renaissance, je vous conseille vivement la lecture de cette page du site de "l'Histoire de la Typographie.org", très bien écrit et documenté.
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Le classement «à l'ancienne» des polices de caractères sur les illustrations ci-dessous vous permettra de les identifier par sortes et ainsi de mieux les connaître.
1. Une des premières classification connue est celle de Francis Thibaudeau (typographe parisien 1860-1925), qui a le mérite de la simplicité. Créée en 1921, elle repose essentiellement sur la forme des empattements des lettres. Dans sa forme originale, cette classification distinguait quatre familles principales. Cette classification qui porte son nom se base sur la forme des empattements:
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Classification Thibaudeau
Basée sur la forme des empattements :
• empattement triangulaire : Elzévir (dit aussi Romain Ancien)
• empattement filiforme : Didot (dit aussi Romain Moderne)
• empattement quadrangulaire : Egyptienne,
• empattement absent : Antique.
Pour plus de détails lire aussi cette page. |
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2. Une autre classification dite «chronologique» est d’origine anglo-saxonne. Cette classification présente le mérite d’affiner la classification Thibaudeau en particulier pour désigner les caractères de type Elzevir. Sa pertinence s’arrête toutefois avec le XXème siècle. Je ne vous la décrit pas ici, suivez ce lien pour en connaître les détails.
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3. La classification Vox/AtypI : une classification universelle (la plus reconnue de nos jours)
La classification formelle la plus couramment utilisée, et qui a le mérite de recouper les classifications historiques, est celle élaborée en 1954 par le français Maximilien Vox. Adoptée et complétée par la plus importante organisation typographique mondiale, l’Association typographique internationale (ATypI), elle possède également la caractéristique d’avoir été traduite en anglais et en allemand, renforçant ainsi son caractère universel.
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Classification "type" Vox (augmentée à 13 sortes)
Quelques courtes définitions ci-dessous :
• Les Humanes puisent leurs formes
dans la lettre romaine de la Renaissance.
• Les Garaldes rapellent les créations classiques
(italiennes et françaises).
• Les Réales comprennent les caractères de labeur
dont l'aspect se rapproche des types courants du 18e siècle.
• Les Didones évoquent la typographie du début
du 19e siècle par leur formes épurées.
• Les Incises s'inspirent des inscriptions
monumentales de l'antiquité
• Les Linéales correspondent aux caractères bâton
(sans empattement) de la typographie moderne.
• Les Scriptes imitent l'écriture calligraphique.
• Les Manuaires regroupent les caractères s'inpirant
des lettres médiévales manuscrites.
Pour plus de détails lire cette page. |
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4. La classification de Aldo Novarese
Aldo Novarese, typographe italien contemporain, créateur de nombreux caractères pour la fonderie Nebiolo à Turin, propose une classification en 10 familles à partir de la forme des empattements.
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Classification Novarese
1 Lapidaires,
2 Ornées,
3 Médiévaux,
4 Égyptiennes,
5 Vénitiens,
6 Linéaires,
7 Transitionnels,
8 Fantaisies,
9 Bodoniens,
10 Écritures.
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Ci-dessous quelques notions d'anatomie de la lettre
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| -CLASSEMENT SELON QUATRE CRITÈRES PRINCIPAUX |
Capitales et bas de casse
En typographie, les termes "majuscules" et "minuscules" sont inconnus... On parle respectivement de capitales et de bas de casse. L'origine de ces termes est lié à l'histoire de l'imprimerie. Au temps de la composition manuelle à l'aide de caractères de plomb, ces caractères étaient rangés dans des grands tiroirs, appelés casses, eux-mêmes divisés en petits casiers, ou cassetins. Les minuscules étaient toujours rangées dans les cassetins du bas de la casse, et les majuscules dans ceux de la tête de casse.
Romain et italique
Les caractères peuvent se présenter droits, c'est à dire avec des hampes verticales (les caractères romains) ou penchées vers la droite (les caractères italiques). On utilise parfois, à tort, le terme roman à la place de romain.
Les graisses
Les traits qui forment une lettre peuvent être plus ou moins épais. On dit alors qu'ils ont des graisses différentes. En typographie, on distingue le maigre (light) le demi-gras (medium ou semi-bold), le gras (bold), le très gras (extra-bold ou heavy), le noir (black) et le très noir (extra-black).
La chasse
La chasse d'un caractère, c'est la largeur de son dessin et de ses "talus", c'est à dire la place non imprimée à droite et à gauche du caractère imprimé. Pour les typographes, la gamme des chasses comprend le très étroit (extra-condensed), l'étroit (condensed), le normal, le demi-large, le large (expansed), et l'extra-large (extra-expansed). Changer la chasse d'un caractère: En général seuls les logiciels de PAO permettent à l'utilisateur de changer la chasse.
Evitez les «mariages de mauvais goût»
Les polices disponibles sur un ordinateur sont innombrables et la tentation naturelle pour un non-spécialiste est de vouloir utiliser toutes les possibilités offertes et dans le désordre : mélange de polices et de styles (gras, italique, souligné,...). En fait, même si le résultat est amusant, il n'est pas forcément lisible, souvent trop chargé et de mauvais goût. Le but est de mettre en valeur un texte pour une lisibilité maximale. Les professionnels préconisent au contraire, une typographie claire et fonctionnelle, inspirée des traditions et de l'observation, sans pour autant tomber dans l'excès inverse qui serait d'une trop grande sévérité.
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Passé et futur ! Avec l'appartion des outils de création numérique, la profession n'avait jamais disposé d'une pareille
abondance ou richesse de caractères pour la composition. L'usage de la lettre a abordé un nouveau tournant entamé
dès les années 1970-80; le caractère va sûrement continuer à évoluer.
Trouver un système pour classer toutes ces nouvelles créations ne va pas être évident... A qui le tour ?
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| -L'ÉVOLUTION DES CARACTÈRES : du PLOMB en passant par la PHOTO-COMPOSITION vers le NUMÉRIQUE |
Dès 1435: Gutenberg développe les caractères mobiles en plomb. Voir mon article sur les procédés d'impression
Dès 1946: les polices de caractères sont dessinées et adaptées à la photo-composition. Le principe de la photocomposition: un faisceau de lumière passe à travers un disque (image en négatif) où se trouve une lettre gravée. L’image est alors projetée sur un film photographique où l'on retrouvera l'image en positif suite à son développement dans des bains photographiques. Un système d’objectifs (et de zoom) permet d’avoir diverses forces de corps et de placer les lettres les unes après les autres dans une ligne. La fabrication des caractères est ramenée alors à la photographie de lettres et à leur gravure sur le disque.
Dès 1966: les polices de caractères sont re-dessinées et adaptées pour un usage informatique-numérique. Ce sujet étant très complexe je vous conseille vivement de télécharger ce PDF (plutôt technique) de Jacques André du site «gutenberg.eu.org» qui explique l'évolution de la fabrication des caractères, du plomb au numérique.
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| -LES POLICES NUMÉRIQUES : PostScript, TrueType et OpenType |
Dessin d'un "G" Vectoriel-PostScript - Icônes de divers fabricants de polices PS
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Une partie du texte resumé ci-dessous est tiré du site d'Adobe
Les polices PostScript (ou Adobe PostScript Type 1)
Norme mondiale relative aux polices de caractères numériques et vectorielles. Depuis plus de 15 ans, Type 1 est le format privilégié des secteurs de la publication et des arts graphiques.
Les polices Type 1 sont reconnues par toutes les plates-formes informatiques. Elles ne sont prises en charge que par des imprimantes PostScript (PostScript interprété ou RIP réel intégré).
Les polices PostScript (ou Type 1) sont constituées de deux fichiers, l’un est destiné à la gestion dans les menus des applications et l’autre contient le descriptif en PostScript du caractère utilisé à l’impression ou pour la vectorisation.
Attention: les polices PS sont incompatibles sur des imprimantes non-PostScript (jet d'encre ou laser bon marché)
Les polices Type 1 sont une forme spécialisée du programme PostScript ; il s'agit du format de fichier original utilisé pour l'affichage des polices sur toutes les imprimantes PostScript. Le langage PostScript a ensuite été enrichi afin d'assurer la prise en charge des normes TrueType et OpenType relatives aux polices de caractères.
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Différences de mode de dessin entre polices PostScript et TrueType
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Les polices TrueType
Le format TrueType, développé par Apple et Microsoft, est en général destiné à un usage bureautique et permet d’obtenir une bonne qualité d’impression sur des imprimantes non PostScript. C’est le même descriptif qui est utilisé pour l’affichage et l’impression, elles sont constituées d’une seule icône. L’extension de nom de fichier est .TTF (ainsi que dans Mac OS X, une deuxième extension possible: .DFONT).
Créée par Apple Computer, dont les droits de licence ont été acquis ultérieurement par Microsoft Corporation. Les deux sociétés ont, indépendamment, apporté des enrichissements à cette norme, utilisée aussi bien sous Windows que sur Macintosh. Comme le format Type 1, le format TrueType permet le développement de nouvelles polices.
A l’inverse de Postscript, qui est un language de description de page, les compétences de TrueType se limitent au codage et à la restitution
des polices de caractères. Comme Postscript, TrueType utilise des polices vectorielles et, grâce à un mécanisme de rastérisation dynamique de polices, il permet de visualiser à l’écran les dessins exacts des caractères.
Compatibilité: imprimantes non Postscript ou Poscript (problèmes possibles - lire ci-dessous)
Evitez l'utilisation de polices True Type pour les fichier pro PAO !
Pour des raisons de qualité ont évite généralement l'utilisation de polices True Type pour la production de documents professionnels; il faut être conscient que certaines polices TT (ou TTF) peuvent poser des problémes lors de l'envoi sur le RIP (flasheuse de films ou de plaques).
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Les polices OpenType
Les polices OpenType,présentent un avantage majeur: le même fichier peut être utilisé sous Mac OS X et Windows sans conversion. Elles contiennent d’autre part un jeu étendu de glyphes (plus de 65 000): petites capitales, fractions, ligatures, chiffres anciens… Elles prennent en charge plusieurs langues (OpenType utilise la norme de codage de caractères Unicode).
OpenType est une nouvelle norme relative aux polices de caractères numériques, développée conjointement par Adobe et Microsoft. OpenType remplace les extensions ouvertes TrueType de Microsoft par le format TrueType. Les polices OpenType peuvent contenir des données vectorielles PostScript ou TrueType dans une enveloppe commune.
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| -TABLEAU DE RECONNAISSSANCE des formats de polices selon le système d'exploitation |
Compatibilité de fontes OpenType sous Mac OS9 ? je n'ai personnellement pas testé.
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Choix pour la PAO
Quand votre document est destiné à l’impression numérique ou offset, vous choisirez à coup sûr le format de police PostScript ou OpenType (si le logiciel le permet), car le PostScript n’est pas seulement le format des polices mais aussi le langage de description de vos documents sur tous les périphériques de sortie professionnels, d’où une compatibilité totale.
Le format TrueType dans ces cas est risqué (à éviter), car non seulement votre document risque de ne pas se «flasher» correctement, en plus, votre prestataire vous facturera le temps dû aux corrections et au remplacement de ces polices par des PostScript.
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Le «dédale» des fontes dans MacOSX !
Pour une meilleure compréhension des polices dans MacOSX (les différents formats, les 4 dossiers d'installation possible, etc...), je vous conseille de télécharger ce PDF (un peu lacunaire et imprécis !) qui vous permettra de mieux comprendre. C'est une synthèse qui répond
aux interrogations des professionnels de la communication visuelle, de
l’édition, des industries graphiques et de la création. Sur le thème «utiliser et manager les polices dans Mac OSX», vous pouvez aussi télécharger ce PDF (en anglais sur le site d'Apple) développé en collaboration avec Adobe.
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| -QUELQUES LIVRES SUR LES POLICES (infos ou achat on-line). |

! Vivement conseillé !
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Roman
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Encore quelques livres sur l'histoire, l'écriture et les signes
d'Adrian Frutiger et de Ladislas Mandel sur le site de l'Atelier Perrousseaux
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-Télécharger ce cahier-article au format PDF ?, Oui c'est possible. Version imprimable de qualité, voir ci-dessous
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| -LIENS en rapport avec la TYPOGRAPHIE et les POLICES |
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